Nina Roza
Nina Roza
La vie avance en spirale, elle nous éloigne des origines pour mieux nous y ramener.
Un film bouleversant sur l’art contemporain et le retour aux origines
Nina Roza est de ces films qui avancent avec discrétion pour finalement laisser une empreinte durable. À travers le regard d’une petite fille exceptionnelle, le film explore avec beaucoup de sensibilité les thèmes de l’immigration, de la transmission, de l’identité et du retour aux origines. Une œuvre intime qui trouve dans l’art contemporain un langage capable de raconter ce que les mots ne suffisent pas toujours à exprimer. Loin des récits démonstratifs, Nina Roza privilégie l’émotion, les silences, les regards et les détails. Le film raconte une histoire singulière tout en faisant résonner une question universelle : d’où venons-nous et que reste-t-il de nos origines lorsque nous avons construit notre vie ailleurs ?
Une petite fille au cœur d’un récit profondément humain
La présence de Nina donne au film une dimension particulière. Son regard, sa spontanéité et sa manière d’appréhender le monde apportent une fraîcheur qui contraste avec la complexité des questions abordées. Elle n’est pas seulement un personnage au centre de l’histoire, elle devient progressivement un trait d’union entre plusieurs générations, plusieurs cultures et plusieurs territoires. À travers elle, le film parle de transmission familiale, de mémoire et de cette relation parfois complexe que chacun entretient avec ses racines. Son personnage est particulièrement touchant parce qu’il n’a pas besoin de grands discours. Un geste, un regard ou une réaction peuvent parfois raconter davantage qu’une longue explication.
L’immigration racontée autrement
L’une des forces de Nina Roza est de proposer une approche sensible de l’immigration. Le film ne réduit pas le sujet à une question sociale ou politique. Il s’intéresse plutôt à ce que signifie vivre entre plusieurs histoires, plusieurs héritages et parfois plusieurs appartenances. L’immigration devient alors une expérience intime, celle du déplacement, mais aussi de la mémoire. Que transmet-on à ses enfants ? Quelles images garde-t-on d’un pays quitté ? Peut-on réellement revenir à ses origines ? Et surtout, peut-on revenir sans être devenu quelqu’un d’autre entre-temps ? Le film laisse ces questions ouvertes, ce qui lui donne une résonance particulière.
L’art contemporain comme langage de la mémoire
L’autre dimension passionnante de Nina Roza réside dans sa relation à l’art contemporain. L’art n’est pas simplement décoratif, il devient un moyen de réfléchir à l’identité, au temps et à la mémoire. Les formes, les matières et les espaces prennent une valeur symbolique. Le film semble suggérer que certaines émotions ne peuvent pas être racontées de manière classique et qu’il faut parfois passer par une image, une œuvre ou un geste artistique pour les faire apparaître. Cette rencontre entre cinéma et art contemporain donne au film une identité visuelle singulière.
La spirale, le symbole d’un retour aux sources
La spirale constitue l’un des éléments symboliques les plus intéressants du film. Elle évoque un mouvement qui semble avancer tout en revenant vers son point de départ. Elle peut être lue comme une métaphore de l’identité, nous nous éloignons de nos origines, nous construisons notre propre histoire, puis nous revenons un jour vers ce qui nous a fondés. Mais ce retour n’est jamais exactement le même. C’est là toute la richesse de la spirale. Contrairement à une simple ligne droite, elle suggère un retour aux sources qui transforme celui qui revient. On retrouve un lieu, une mémoire ou une histoire, mais avec un regard nouveau. Le cercle peut ainsi représenter la transmission, tandis que la spirale introduit l’idée du temps qui passe et de l’évolution.
Un film sur le retour, mais surtout sur ce que l’on devient
Nina Roza ne semble pas raconter uniquement une histoire de retour aux origines. Il raconte aussi ce qui se produit entre le départ et le retour. Car on ne revient jamais totalement identique. Les souvenirs changent, les lieux changent, les familles changent et surtout, celui qui revient a lui-même changé. Cette tension entre racines et construction personnelle donne au film une dimension universelle. C’est peut-être ce qui rend l’histoire si touchante, derrière le parcours particulier de Nina se dessine une interrogation que beaucoup peuvent comprendre, celle de savoir comment nos origines continuent de vivre en nous.
Un film authentique et profondément émouvant
Avec son approche sensible, sa dimension artistique et son personnage central particulièrement attachant, Nina Roza propose un cinéma qui préfère l’émotion à l’explication. Le film parle d’immigration, mais aussi de famille. Il parle d’art, mais aussi de mémoire. Il parle du retour aux sources, mais surtout de cette impossibilité de revenir exactement là où l’on était. Nina devient alors le point de rencontre entre passé et présent, entre héritage et avenir. Une œuvre délicate, portée par une petite fille dont la présence donne au récit une force émotionnelle rare.
103min / Québec, Belgique, Italie, Bulgarie / Drame sort en salle le 9 décembre 2026
Par la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles
avec Galin Stoev, Chiara Caseli, Michelle Tzontchev, Mart Lachev, Christian Bégin, Maria-Radena Bozhkova
Représentera le Canada aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international.
Ours d’argent du meilleur scénario de la 76e Berlinale.
