Aby
Une comédie dramatique aux accents pop entraîne le public dans les retrouvailles mouvementées de deux sœurs séparées depuis deux ans.
À la suite d’un malaise, Aby se retrouve aux urgences. Fraîchement célibataire, sans emploi et bientôt ruinée, elle voit sa vie lui échapper et l’angoisse prendre progressivement le dessus. C’est à ce moment que Laura, sa sœur aînée, réapparaît dans son existence après deux années de silence.
Avocate pragmatique, énergique et déterminée, Laura entend bien remettre sa petite sœur sur les rails, qu’Aby le souhaite ou non. Commence alors une colocation aussi inattendue que rocambolesque entre deux femmes qui, malgré les années et les blessures, n’ont jamais complètement cessé d’être sœurs.
Entre disputes, éclats de rire, souvenirs d’enfance et nouvelles rencontres, les deux femmes vont peu à peu rouvrir les dossiers du passé. Mais derrière les règlements de comptes et les petites querelles du quotidien se dessine une question plus profonde : que reste-t-il d’un lien lorsque ceux qui le composent ont changé ?
Entre Britney Spears et blessures enfouies
Dans ABY, la pop culture devient un langage à part entière. Les références aux années 1990, les musiques pop et les souvenirs d’enfance font ressurgir une époque à la fois joyeuse et idéalisée. Britney Spears côtoie ainsi les non-dits familiaux, tandis que les éclats de rire peuvent soudain laisser place au silence.
La scénographie joue elle aussi sur ce contraste. Aux décors acidulés et confortables associés aux souvenirs répond la sobriété plus angoissante du présent. Les costumes colorés se confrontent au blanc médical des scènes chez le psychologue. Tout concourt à faire apparaître ce décalage entre ce que l’on voudrait retenir du passé et ce que la réalité nous oblige à regarder en face.
Car ABY parle avant tout de mémoire : celle que l’on conserve, celle que l’on transforme et parfois celle que l’on réinvente pour continuer à avancer. Les souvenirs peuvent embellir une époque, figer les rôles au sein d’une famille ou permettre de maintenir vivant un lien qui semblait pourtant définitivement rompu.
Rire pour mieux parler de la fragilité
La pièce entend également aborder la santé mentale sans jamais réduire la fragilité à un discours frontal. Ici, l’angoisse, le déni et les blessures intimes passent par l’humour, la musique, les disputes et les références que l’on partage avec ceux qui nous connaissent depuis toujours.
Aby et Laura incarnent ainsi deux façons différentes de regarder le passé et de composer avec leurs blessures. Entre amour et ressentiment, nostalgie et présent, elles vont devoir comprendre ce qui les sépare encore… et ce qui, malgré tout, continue de les relier.
Avec ABY, la compagnie Les Biches Rouges propose une comédie dramatique pop, sensible et décalée, qui fait rire avant de faire basculer le regard. Une pièce sur les liens familiaux, les souvenirs que l’on fabrique et toutes ces versions de nous-mêmes auxquelles il est parfois si difficile de dire adieu.
ABY
Guichet-Montparnasse – Paris
Du 9 octobre au 1er novembre 2026
Vendredis et samedis à 20h30 et Dimanches à 16h30
Une création de la compagnie Les Biches Rouges
