Les marchands d’étoiles

« Les Marchands d’étoiles » : une pièce qui fait le tissu du succès au Théâtre Le Splendid

C’est dans l’écrin chaleureux du Théâtre Le Splendid, haut lieu de la comédie hexagonale qui vit éclore les étoiles du Splendid – Balasko, Jugnot, Lhermitte et consorts – que se joue en ce moment « Les Marchands d’étoiles », une pièce finement ourdie, à la fois grinçante, tendre et résolument contemporaine. Un succès cousu main, plusieurs fois nommé, qui revient sur scène pour une reprise estivale idéale. Une sortie culturelle à Paris ? Ne cherchez plus.

L’action se déroule dans un dépôt de tissu, quelque part entre l’atelier et le champ de bataille. Ici, les étoffes cachent des secrets, les rouleaux déroulent des rancunes, et les coutures – pourtant serrées – menacent de craquer. Le décor, sobre mais habité, évoque autant la réalité industrielle que les non-dits familiaux. Car dans cet antre feutré, c’est bien la trame humaine qui s’entrelace au fil des actes.

Trahisons, larmes et dentelles

À mesure que les personnages révèlent leurs failles, ambitions froissées, amours déchirés, loyautés trouées, le texte, ciselé avec soin, joue sur tous les registres : humour corrosif, émotion à fleur de peau, et retournements savamment agencés. La mise en scène, précise comme une coupe de tailleur, évite les effets inutiles pour mieux laisser place à la surprise et l’intime.

On rit – parfois jaune –, on s’émeut, on se tend. Et on se laisse prendre, comme un fil que l’on tire et qui déroule tout un pan de tissu familial.

Une distribution qui tisse large

La troupe, parfaitement ajustée, fait merveille. Aucun faux pli. Les comédiens – jeunes pousses et vieux briscards mêlés – tissent un jeu d’ensemble d’une belle homogénéité, capable de faire passer en un souffle du sarcasme à la tendresse. La direction d’acteurs, fluide et inspirée, évite l’écueil de la caricature, tout en assumant le ton acide d’une comédie sociale à la française.

Couture fine et standing ovation

À l’heure où tant de spectacles misent sur le clinquant, « Les Marchands d’Étoiles » ose une approche plus subtile, presque artisanale, et c’est sans doute ce qui touche. En mêlant l’étoffe des sentiments au canevas du secret, la pièce parvient à faire vibrer une corde universelle. On sort de la salle ému, surpris et ragaillardi, avec la sensation d’avoir assisté à quelque chose de rare : une création originale qui parvient à allier légèreté et profondeur, sans jamais tirer sur la ficelle.

Alors que les rues de Paris se vident un peu, que les soirées d’été appellent à la flânerie culturelle, « Les Marchands d’Étoiles » s’impose comme un arrêt indispensable. À voir, et à recommander sans réserve.Théâtre Le Splendid, Paris 10e. Du mardi au samedi à 20h30. Reprise estivale jusqu’à fin septembre.

Distribution :

  • Guillaume Bouchède ou Eric Collado
  • Nicolas Martinez ou Romain Thunin ou Guillaume Compiano
  • Anthony Michineau ou Thibaut Gonzalez
  • Julien Crampon ou Vianney Fayard ou Alban Pellet
  • Stéphanie Caillol ou Clotilde Daniault ou Sabine Perraud
  • Axelle Dodier ou Justine Teulié ou Sawsan Abes

Équipe artistique :

  • Auteur : Anthony Michineau
  • Mise en scène : Julien Alluguette
  • Assistante mise en scène : Blandine Guimard
  • Scénographie : Georges Vauraz
  • Création sonore : Yohann Roques
  • Lumières : Ronan Le Magorec
Théâtre du Splendid

48 rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris

Jours et horaires

Du mercredi au samedi à 21h, matinée le samedi à 16h30 jusqu’au 13 septembre.
Reprise à partir du 27 septembre, du jeudi au samedi à 19h, matinée le dimanche à 17h,
supplémentaires mercredi 22 et mercredi 29 octobre à 19h.

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