Le phoenix de ces dames

Le Phoénix de ces dames

Trois pianistes, un phoénix et Beethoven sens dessus dessous

On croyait le récital de piano figé dans ses rites : silence religieux, pianiste solitaire, public bien sage. Le Phoénix de ces dames arrive à l’Atelier (Studio) Hébertot pour dynamiter tout cela avec une jubilation communicative. Résultat : un théâtre musical débridé, quelque part entre concert classique, clown musical et comédie burlesque.

Sur scène, trois pianistes  :Valérie Guérin-Descouturelle, Véronique Durville et Lucie Chouvel (ou Christine Fonlupt) découvrent un instrument étrange : Le Phoénix, un piano « pas comme les autres », capricieux, mutant, presque vivant. Très vite, l’objet devient partenaire de jeu, adversaire, terrain de bataille et source inépuisable de gags. On y joue à six mains, parfois à l’envers, parfois en avant, parfois en défiant toute logique pianistique.

La musique est reine, mais jamais sacralisée. Rossini, Chopin, Bach, Bizet, Mozart… et même la 5ᵉ Symphonie de Beethoven, revisitée avec un sens du décalage irrésistible, servent de matière première à un joyeux chaos parfaitement maîtrisé. Les trente doigts virevoltent, se croisent, s’entrechoquent, soupirent ou tempêtent. Derrière l’humour, la virtuosité est bien réelle, et le plaisir de jouer, évident.

La mise en scène de Geneviève Brett assume pleinement le burlesque : gestes excessifs, caractères bien trempés, rivalités amicales et complicité assumée. Les trois musiciennes ne cherchent pas à briller seules, mais à désacraliser le concert classique pour mieux le partager. Le rire surgit d’un contretemps, d’un regard, d’un silence trop long ou d’un Beethoven soudain pris de folie douce.

Accessible dès 5 ans, Le Phoénix de ces dames réussit le pari rare de parler à tous : les mélomanes savourent les références, les néophytes se laissent happer par l’énergie, les enfants rient des situations, les adultes de l’intelligence du jeu. Le spectacle rappelle que la musique classique peut être vivante, drôle, insolente, sans jamais perdre son exigence.

Un récital improbable, oui. Mais surtout une réjouissante leçon de liberté musicale, où l’on ressort le sourire aux lèvres.

Coup de coeur pour ce théâtre qui a gardé son âme ! On est toujours accueilli avec bienveillance et cette fois-ci des marshmallow.

Studio Hébertot
78 bis Boulevard des Batignolles

Du 06 décembre 2025 au 28 février 2026

De Musique à voir
Mis en scène par Geneviève Brett
Avec Valérie Guérin-Descouturelle, Véronique Durville et Lucie Chouvel ou Christine Fonlupt
Lumière : Emmanuel Delaire
Musiques : Rossini, Lavignac, Chopin, Grieg, Liszt, Bach, Bizet, Beethoven et Mozart
Production : Musique à voir

Durée : 1h05
Genre : Théâtre Musical
À partir de : 5 ans

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