Cap sur Avignon
Cap sur Avignon avec l’Adami
Les pépites du Off avant l’heure
Festival Off d’Avignon
L’Adami ouvre les portes de sa sélection
À quelques semaines de l’effervescence du Festival Off d’Avignon, l’Adami prend une longueur d’avance. Avec son rendez-vous CAP sur Avignon, la société de gestion des droits des artistes-interprètes invite programmateurs, diffuseurs et professionnels du spectacle vivant à découvrir, en avant-première, une sélection éclectique de spectacles.
Loin du tumulte des centaines d’affiches qui envahiront bientôt les rues de la Cité des Papes, cette vitrine constitue un observatoire privilégié des tendances qui traversent aujourd’hui le théâtre contemporain : récits intimes, adaptations littéraires, théâtre documentaire, humour, patrimoine revisité et questionnements sociétaux.
Une photographie du théâtre d’aujourd’hui
La programmation témoigne d’une remarquable diversité de formes et d’écritures. On y retrouve notamment À la folie, porté par Caroline Loeb pour la compagnie On Peut. Un chevauchement du vide, de l’existence.
Le registre du témoignage et de l’intime s’affirme avec Hépatik Girl, une épopée auto-immune de Tatiana Gousseff. Une tranche de vie, réaliste et pertinent. C’est un marathon invisible, un ultra trail en slam.
L’humour et la culture populaire ne sont pas en reste avec Walt, la folie Disney, qui explore les zones d’ombre et les rêves démesurés du créateur de Mickey. C’est une épopée, une tranche de vie.
Coup de cœur
Le Voyage d’Alice en Suisse, une traversée lumineuse
Parmi cette sélection particulièrement riche, une œuvre se distingue par la force de son sujet et la finesse de son traitement : Le Voyage d’Alice en Suisse de la Compagnie Esbaudie, mis en scène par Stéphanie Dussine et présenté par la comédienne Brigitte Aubry.
Adaptée de la pièce de Lukas Bärfuss, l’œuvre aborde une question rarement traitée avec autant de délicatesse sur scène : celle du suicide assisté. Dans une Suisse devenue symbole des débats autour de la fin de vie, Alice, médecin engagée dans l’accompagnement de patients souhaitant choisir leur départ, voit ses convictions se confronter à des réalités humaines complexes.
Ce qui frappe ici n’est pas seulement l’actualité du sujet, alors que les questions liées à la fin de vie occupent une place croissante dans le débat public français. C’est surtout la capacité du spectacle à éviter tout didactisme. La mise en scène privilégie l’écoute, les nuances et l’humanité des personnages.
Brigitte Aubry porte ce texte avec une intensité retenue qui laisse toute sa place à l’ambiguïté morale et à l’émotion. On ressort de cette traversée avec davantage de questions que de certitudes, signe des œuvres qui refusent les réponses simplistes.
Dans un paysage théâtral parfois tenté par l’effet ou le manifeste, Le Voyage d’Alice en Suisse impressionne par sa sobriété et son intelligence. Une proposition rare, qui pourrait bien compter parmi les révélations du prochain Off d’Avignon.
Un rendez-vous devenu incontournable
Au fil des années, CAP sur Avignon s’est imposé comme un véritable laboratoire de repérage pour les professionnels. Plus qu’une simple présentation de spectacles, l’événement permet d’identifier les créations qui feront demain les tournées nationales et les programmations des théâtres.
À l’heure où le spectacle vivant doit constamment renouveler ses formes tout en préservant son exigence artistique, cette initiative de l’Adami rappelle combien l’accompagnement des artistes demeure essentiel.
Lien des pépites théâtrales qui arriveront sans doute à Paris : https://www.adami.fr/cap-sur-avignon-2026/
