ITV de Fanette Jounieaux Maerten et Alain Peron
ITV EXCLUSIVE
La fin de la civilisation
Fanette Jounieaux Maerten et Alain Péron interrogent notre humanité face à l’intelligence artificielle
À partir du 8 octobre 2026, le Funambule Montmartre accueille La fin de la civilisation, une comédie qui pose une question vertigineuse : que restera-t-il de l’humain lorsque l’intelligence artificielle aura pris en charge une partie croissante de nos vies ?
À l’occasion de la sortie théâtrale de La fin de la civilisation, Alain Péron, et de sa metteuse en scène, Fanette Jounieaux Maerten ont accordé une interview exclusive au Bon plan parisien.
À travers l’humour et la comédie, le spectacle entend aborder l’un des grands bouleversements de notre époque, la place grandissante de l’intelligence artificielle et ce qu’elle vient questionner de notre rapport à l’humanité.
Pourquoi avoir choisi de parler de l’intelligence artificielle dans cette pièce ?
Fanette Jounieaux Maerten & Alain Péron :
« Parce que l’IA vient questionner notre humanité en profondeur. Elle est à la fois une prouesse technologique et une menace. » Les auteurs revendiquent également le choix de l’humour comme moyen de prendre de la distance face à une question qui peut susciter inquiétude et vertige.
Ils citent notamment Romain Gary : « L’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive. »
Pour eux, la comédie devient ainsi un espace de réflexion : « Si la comédie nous permet de réfléchir au lieu de rester bloqué sur un sujet qui nous angoisse, c’est gagné. »
Qu’est-ce qui distingue encore l’être humain de l’intelligence artificielle ?
Pour les deux artistes, la frontière entre capacités humaines et performances de l’IA devient chaque jour plus difficile à tracer.
« L’IA copie le cerveau humain et accomplit de mieux en mieux ce que nous avions cru être des compétences uniques. » Une évolution qui nous conduit aussi à déléguer progressivement certaines de nos propres capacités : « Nous lui déléguons de plus en plus nos propres capacités. » Mais une différence demeure fondamentale selon eux : la responsabilité. « À la fin, il y a une différence fondamentale : la responsabilité, elle ne peut être qu’humaine. »
Les auteurs évoquent également ce qui relève du cœur, de l’intuition et de l’émotion, et voient dans le théâtre un espace particulièrement résistant à cette délégation technologique : « Elle ne peut prétendre à dialoguer avec cœur, intuition, émotion. Le théâtre est la création par excellence qui lui résiste : ce sont des humains de chair et d’os réunis qui en font vibrer d’autres en soulevant leurs émotions. »
Menace ou opportunité ? L’IA, les deux à la fois
Face à cette question, leur réponse est sans détour : « Les deux, c’est pour cela que c’est compliqué : on ne peut déjà plus s’en passer et on prend le risque qu’elle nous surpasse. »
L’enjeu n’est donc plus nécessairement de choisir entre accepter ou refuser l’intelligence artificielle, mais de déterminer la place que nous souhaitons lui accorder. « Il va bien falloir faire avec et faire des choix. Entrevoir et poser les limites de ses prérogatives. »
Une réflexion qui traverse la pièce et renvoie directement à notre responsabilité collective face à une technologie désormais profondément intégrée à la société.
Pourquoi ce titre : La fin de la civilisation ?
Le titre de la pièce fait écho à une interrogation devenue centrale dans les débats autour de l’intelligence artificielle : « C’est la question que tout le monde se pose : est-ce que l’humanité est en train de fabriquer elle-même ce qui va la détruire ? »
La science-fiction a souvent exploré cette perspective à travers des récits dystopiques et terrifiants. Mais La fin de la civilisation entend prendre un autre chemin. « Beaucoup d’œuvres de science-fiction sont des dystopies terrifiantes. »
La réponse proposée par la pièce se veut au contraire plus optimiste : « Nous détenons les clés pour nous entendre et œuvrer ensemble. »
Et après le spectacle ?
Plus qu’une réponse définitive, Fanette Jounieaux Maerten et Alain Péron souhaitent laisser au public une question essentielle : jusqu’où sommes-nous prêts à déléguer nos capacités à la machine ? « Qu’on ne peut pas tout déléguer à l’IA, que ce n’est pas l’IA qui nous permettra de faire société mais l’intelligence du cœur humain. »
Une invitation à rire, réfléchir et surtout à ne pas perdre de vue ce qui fonde notre capacité à vivre ensemble.
LA FIN DE LA CIVILISATION
À découvrir dès le 8 octobre 2026 au Funambule Montmartre.
Auteur : Alain Péron
Mise en scène : Fanette Jounieaux Maerten
Avec : Chloé Boccara, Max Bousbib, François Marion et, en alternance, Anaïs Alric ou Patrica Perrault
Production : Cie Hent Ar Mor
Durée : 1h10
RÉSERVER
Une pièce qui choisit l’humour pour poser une question sérieuse, à l’heure où la machine apprend à penser, qu’allons-nous faire de notre intelligence humaine ?
