La fin du courage, l’éclat fragile d’un théâtre qui ose regarder le monde en face
Il y a des spectacles qui rassurent. Et puis il y a ceux, plus rares, qui dérangent doucement, creusent longtemps, et laissent une empreinte durable. La fin du courage appartient résolument à cette seconde catégorie : un théâtre qui ne cherche pas l’effet, mais la vérité et qui la trouve.
Dès les premières minutes, la pièce installe un climat singulier, fait de silences chargés, de mots précis, de tensions contenues. Ici, le courage n’est pas héroïque, encore moins spectaculaire. Il est intime, fragile, parfois même épuisé. La pièce interroge ce qu’il reste lorsque l’élan s’est fissuré, lorsque les certitudes se sont effritées, lorsque tenir debout devient déjà un acte de résistance.
La grande force de La fin du courage tient à son écriture : fine, incarnée, sans jamais céder à la démonstration. Chaque phrase semble pesée, chaque dialogue creusé comme une faille où affleurent les doutes d’une époque. Le texte évite les slogans, préfère les contradictions, et c’est précisément là qu’il touche juste. On y parle d’engagement, de renoncement, de transmission, mais toujours à hauteur d’humain.
La mise en scène, d’une sobriété remarquable, laisse toute la place aux corps et aux regards. Rien n’est superflu. Tout est signifiant. Les comédien·nes, d’une justesse impressionnante, composent des personnages complexes, jamais figés, traversés par des forces contraires. On sent le collectif à l’œuvre, une intelligence du plateau rare, où chacun porte l’ensemble sans jamais chercher à tirer la couverture à soi.
Ce qui bouleverse, surtout, c’est la façon dont La fin du courage parle du présent sans jamais le nommer frontalement. Le spectacle agit comme un miroir oblique : on s’y reconnaît sans se sentir pris en otage. Il questionne notre rapport à l’action, à la fatigue morale, à cette tentation contemporaine du retrait. Est-ce manquer de courage que de s’arrêter ? Ou est-ce, au contraire, une autre forme de lucidité ?
À la sortie, le silence du public en dit long. Pas celui de l’inconfort, mais celui de la pensée en mouvement. La fin du courage ne cherche pas à conclure : elle ouvre. Elle laisse des questions suspendues, et c’est précisément ce qui en fait un spectacle profondément nécessaire.
Un théâtre exigeant et vibrant, qui rappelle que le courage n’est pas toujours de continuer à avancer, mais parfois d’accepter de regarder ce qui tremble.
Un très grand moment de scène.
5 duos de comédiennes
ISABELLE ADJANI et LAURE CALAMY
10 représentations
Du 17 janvier au 25 janvier 2026
EMMANUELLE BÉART et SOPHIE GUILLEMIN
Du 28 janvier au 8 février 2026
Mercredi 28 janvier à 21h
Jeudi 29 et vendredi 30 janvier à 19h
Samedi 31 janvier à 15h et à 19h
Dimanche 1er février à 17h
Mardi 3 et mercredi 4 février à 21h
Jeudi 5 et vendredi 6 février à 19h
Samedi 7 février à 15h et à 19h
Dimanche 8 février à 17h
ISABELLE CARRÉ et SOPHIE GUILLEMIN
Du 11 au 22 février 2026
Mercredi 11 au samedi 14 février à 21h
Dimanche 15 février à 19h
Mardi 17 au samedi 21 février à 21h
Dimanche 22 février à 19h
LUBNA AZABAL et SOPHIE GUILLEMIN
Du 25 au 27 février 2026
Mercredi 25 février à 21h
Jeudi 26 et vendredi 27 février à 19h
Exceptionnelles : Samedi 7 mars à 15h et à 19h
LUBNA AZABAL et ROSA BURSZTEIN
Du 28 février au 8 mars 2026
Samedi 28 février à 19h
Dimanche 1er mars à 17h
Mardi 3 et mercredi 4 mars à 21h
Jeudi 5 et vendredi 6 mars à 19h
Dimanche 8 mars à 17h
Auteur : Cynthia Fleury
Durée : 1h15
Tarifs : à partir de 20 €
1 place Charles Dullin 75018 Paris


Laisser un commentaire