Les pépites du théâtre du Lucernaire, la saison théâtrale parisienne
Jean-Jacques Vanier incarne un musicien à plusieurs cordes éméchées revisitant l’œuvre de Patrick Süskind, La contrebasse.« J’ai le plaisir de changer onze fois de position de main. Ce n’est même pas du sport, c’est de la musculation. Et sur toutes les cordes, il vous faut appuyer comme un dingue, regardez mes doigts. »Ce monologue est une partition névrosée d’un contrebassiste écartelé entre la passion et la haine de son instrument. Tantôt magnifié, imposant et encombrant, il y épouse le corps sensuel d’une femme avec laquelle il s’enchevêtre….tantôt ignoré, il ne se remarque pas au milieu d’un Chef d’orchestre et de ses violonistes.Ce contrebassiste à la fois touchant et cocasse fait vibrer la symphonie des émotions d’un musicien pathétique, volcanique et bouleversant.Jean-Jacques Vanier interprète brillamment la pléthore d’interrogations et de réflexions intimes qui se fustigent dans cette maieutique exutoire sociale âpre et émouvante.La pièce reste d’une drôlerie sensible grinçante et sublime décrivant avec le bon ton éloquent ce rapport avec l’instrument qui déploie avec ferveur ses états d’âme de façon dithyrambique.
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